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Focus sur la langue bretonne

Intéressons-nous à l’histoire et aux différentes évolutions de la langue bretonne, un dialecte typique de la Basse-Bretagne qui est toujours parlé par certains Bretons aujourd’hui.

Même si le personnel de notre hôtel à Rennes est capable de converser avec vous dans plusieurs langues étrangères, il reste fortement attaché au dialecte local : le breton. Langue de Basse-Bretagne depuis plus de quinze siècles, sa pratique est malheureusement en net repli (tandis que 90 % des Bretons la parlaient au début du 20ème siècle, de nos jours, ils ne sont plus que 13 % à le faire). Comment expliquer ce phénomène ?

Quid de la naissance du breton ?

Tandis que des langues celtes mais aussi une forme de gaulois étaient parlées dans le territoire Armorique (situé entre la Loire et la Seine), lorsque vint la conquête romaine entre -50 av. J.-C. et 300, l’arrivée du latin ne causa pas de « latinisation massive de la population », contrairement à ce que l’on pourrait croire à tort. Effectivement, le latin était uniquement pratiqué par les élites de l’administration.

Puis, l’affaiblissement de la présence romaine sous le bas-empire, doublé de nouveaux courants migratoires provenant de Grande-Bretagne jusqu’au 5ème siècle, période qui correspond à la fuite de nombreuses populations sous la menace des Scots d’Irlande, entraîna un apport brittonique qui s’est mélangé au gaulois, ce qui donna très probablement naissance au breton.

Pratique littéraire orale et écrite

Jusqu’au 15ème siècle, le breton était essentiellement une langue orale, mais s’étendait à quasiment toute la population de l’Armorique. En effet, aucun texte suivi n’a été retrouvé avant cette époque, à l’exception de gloses qui témoignent du caractère secondaire de la langue dans la culture écrite. Il faut dire que le Latin jouait déjà le rôle de langue des échanges culturels dans toute l’Europe, sans compter que le français fut très vite adopté par les hautes élites politiques bretonnes.

Entre la fin du 15ème siècle et le 19ème siècle, une pratique littéraire écrite du breton émergea bel et bien, mais elle était de nature religieuse. Des poèmes mystiques tirant leur inspiration des grandes valeurs et modèles véhiculés par l’Église furent le reflet d’une révolution socio-linguistique au sein d’une certaine couche de la population : la bourgeoisie urbaine. C’est ensuite l’aristocratie paysanne qui deviendra le porte-étendard de la langue bretonne.

Période post-révolution jusqu’à aujourd’hui

Au sortir de la Révolution, une partie de la noblesse rurale ne cultivait ou ne connaissait plus le breton, mais bénéficiait d’une formation classique au latin et au français, tandis que l’autre parlait toujours le breton mais ne disposait d’aucun enseignement en tant que tel. Telles étaient probablement les origines de la diglossie que nous connaissons aujourd’hui !

Au 19ème siècle, devant la démocratisation de l’instruction du français, la pratique du breton s’est raréfiée avec une stigmatisation de celles et ceux qui continuaient de pratiquer leur dialecte local, raison pour laquelle dans les années 1950-1970 les adultes bretonnants cessèrent de transmettre le breton à leurs enfants.

Aujourd’hui, la situation demeure toujours aussi complexe : après deux cent ans de revendications et de pratiques militantes, les Bretons se disent très majoritairement attachés à leur langue patrimoniale, mais les personnes qui le pratiquent véritablement son âgées et de moins en moins nombreuses. Reste que les initiatives de défense de la langue se multiplient, pour protéger notre héritage.

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